Publius, premier évêque de Malte, et la fondation paulinienne
Selon les Actes des Apôtres (28, 7-10), lors de son séjour à Malte après le naufrage, Paul de Tarse fut hébergé par Publius, désigné comme le « premier de l’île » — probablement le représentant du gouverneur romain. Il guérit le père de Publius atteint de fièvres et de dysenterie. La tradition locale, transmise depuis le haut Moyen Âge, identifie Mdina — ancienne Melita, ville principale de l’île depuis l’époque punique — comme le siège de Publius, dont Paul aurait fait le premier évêque de Malte. Cette fondation apostolique directe donne à l’Église maltaise un titre exceptionnel, revendiqué dans tous les documents officiels de l’Archidiocèse de Malte.
La cathédrale Saint-Paul : de l’église normande au baroque
Une première église chrétienne aurait été bâtie sur l’emplacement de la résidence de Publius dès le IVe siècle. L’édifice médiéval normand, restauré après 1090 par le comte Roger Ier de Sicile, fut détruit par le tremblement de terre de 1693. La cathédrale actuelle fut reconstruite immédiatement après (1697-1702) dans un style baroque sicilien par l’architecte Lorenzo Gafà. La façade à deux clochers symétriques, la voûte à caissons peints de scènes de la vie de saint Paul et le dallage de marbre blanc et gris composent un intérieur d’une grande sobriété lumineuse, contrastant avec la richesse décorative de la co-cathédrale Saint-Jean de La Valette. Le musée de la cathédrale conserve des œuvres de Dürer (gravures originales), des bois sculptés médiévaux et des manuscrits enluminés maltais.
La cité silencieuse et les catacombes de Sainte-Agathe
Mdina doit son surnom de « cité silencieuse » à l’interdiction de la circulation motorisée dans ses rues étroites et à sa population permanente infime (moins de 300 habitants). L’enceinte arabe du IXe siècle, renforcée par les Chevaliers, est remarquablement conservée. Le dédale de ruelles de calcaire doré conduit à des palais baroques dont certains sont encore habités par les familles nobles maltaises. À l’extérieur des remparts, dans le faubourg de Rabat (voir notre page Rabat), les catacombes de Sainte-Agathe prolongent la méditation sur le christianisme primitif à Malte : fresques des XIIe-XIVe siècles, chapelle rupestre et galeries funéraires attestent d’une continuité chrétienne de près de deux millénaires dans cet archipel.