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Putna – Nécropole d’Étienne le Grand, Jérusalem de la Moldavie

Putna – Nécropole d’Étienne le Grand, Jérusalem de la Moldavie

L’essentiel — Putna, fondé par Étienne le Grand entre 1466 et 1469, est le monastère le plus vénéré de Roumanie : nécropole princière moldave, site du tombeau de son fondateur canonisé, surnommé la « Jérusalem de la Moldavie » par le poète Mihai Eminescu. Son trésor de broderies liturgiques des XVe-XVIe siècles est unique au monde.

La fondation et la légende de la flèche

Après sa victoire sur les Tatars à Lipnic (1469), Étienne le Grand décida de fonder un monastère en Bucovine. La légende dit qu’il tira une flèche depuis la colline de Sion, et que le lieu où elle tomba fut choisi pour la construction. Les travaux commencèrent en 1466 et l’église fut consacrée en 1469. Étienne y déposa un chrysobulle d’or fixant les dotations foncières du monastère. Putna fut agrandi et fortifié plusieurs fois — notamment après les incursions tatares — mais reste fidèle à son plan médiéval : église centrale à plan tréflé, beffroi-porte, enceinte quadrangulaire, cellules des moines. En dehors de Putna, les autres monastères fondés ou dotés par Étienne sont visibles dans le circuit des monastères de Bucovine.

La nécropole princière et le tombeau d’Étienne

Putna est la nécropole de la dynastie moldave des Mușatini. Étienne le Grand y est inhumé depuis sa mort le 2 juillet 1504, selon ses dernières volontés. Son tombeau, dalle de pierre sculptée surmontée d’une icône, est l’objet d’un culte ininterrompu. L’Église orthodoxe roumaine a canonisé Étienne le Grand en 1992 sous le nom de saint Étienne le Grand, Voïvode de Moldavie, fêté le 2 juillet. Les reliques de Maria de Mangop (son épouse), de Bogdan II (son père) et de nombreux membres de la famille princière reposent également à Putna. En 1871, lors du 400e anniversaire du monastère, le poète national roumain Mihai Eminescu organisa un grand rassemblement à Putna en faveur de l’unité roumaine — événement fondateur de la conscience nationale moderne.

Le trésor de broderies liturgiques

Le musée du monastère conserve l’un des ensembles de broderies liturgiques byzantines les plus complets du monde : épitaphes (linceuls brodés pour la liturgie du Vendredi Saint), épitrachelions, omophorions, voiles liturgiques en soie brodée d’or et d’argent, datés entre 1453 et 1550. Ces œuvres, réalisées par les ateliers princiers de Moldavie sous la direction d’Elena Rareș (épouse de Petru Rareș), témoignent d’une technique de broderie comparable aux meilleurs ateliers byzantins. La collection d’icônes sur bois des XVe-XVIe siècles et la poignée de porte en argent de l’église complètent un ensemble patrimonial d’envergure internationale, accessible dans le musée mitoyen de l’église.

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