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Publié le 30/05/2026

Les reliques de Marie-Madeleine a Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

Les reliques de Marie-Madeleine a Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

Points cles

  • Les reliques de Marie-Madeleine ont ete redecouvertes en 1279 par Charles II d’Anjou a Saint-Maximin.
  • Le pape Boniface VIII les a authentifiees en 1295.
  • Le crane est conserve dans un reliquaire en bronze dore de 1860, visible dans la crypte de la basilique.
  • La crypte abrite quatre sarcophages du IVe siecle, attribues a Marie-Madeleine, Marcelle, les Saints-Innocents et Sidoine.
  • Saint-Maximin est considere comme le « troisieme tombeau de la chretiente », apres Jerusalem et Rome.

Les reliques de Marie-Madeleine a Saint-Maximin-la-Sainte-Baume

La basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume doit son existence a une decouverte majeure : celle des reliques attribuees a Marie-Madeleine, mises au jour en 1279. Ces reliques, conservees dans la crypte de l’edifice, font de Saint-Maximin l’un des hauts lieux de pelerinage de la chretiente occidentale. Cet article retrace l’histoire de leur decouverte, de leur authentification et de leur conservation jusqu’a aujourd’hui.

La decouverte de 1279 : les fouilles de Charles II d’Anjou

En 1279, Charles II d’Anjou, comte de Provence et futur roi de Naples, ordonne des fouilles sous l’eglise carolingienne de Saint-Maximin. La tradition locale affirmait depuis des siecles que le corps de Marie-Madeleine reposait en ce lieu, cache lors des invasions sarrasines du VIIIe siecle pour le proteger de la profanation.

Les fouilles mettent au jour plusieurs sarcophages en marbre. Dans l’un d’eux, les ouvriers decouvrent des ossements accompagnes d’un parchemin attribue a l’epoque carolingienne. Ce document, dit « noli me tangere », aurait ete place dans le tombeau pour identifier les restes comme ceux de Marie-Madeleine. La tradition rapporte qu’un « parfum suave » se serait repandu lors de l’ouverture du sarcophage.

Cette decouverte provoque un immense retentissement dans la chretiente medievale. Marie-Madeleine, premiere temoin de la Resurrection selon les Evangiles, est une figure majeure de la devotion chretienne. Posseder ses reliques confere a Saint-Maximin et a la Provence un prestige spirituel considerable.

L’authentification par Boniface VIII

Charles II d’Anjou sollicite rapidement le pape Boniface VIII pour faire authentifier les reliques. En 1295, le souverain pontife reconnait officiellement l’authenticite des restes decouverts a Saint-Maximin. Dans le meme acte, il confie la garde des reliques et du sanctuaire aux Dominicains (Ordre des Precheurs).

L’authentification papale declenche la construction de la basilique actuelle, voulue par Charles II comme un ecrin monumental digne des reliques. L’edifice, plus grand monument gothique de Provence, est commence a la fin du XIIIe siecle et ne sera jamais acheve dans sa totalite (la facade ouest reste inachevee).

Boniface VIII accorde egalement des indulgences aux pelerins qui se rendent a Saint-Maximin, alimentant un flux de visiteurs qui ne se dementira pas pendant des siecles.

Les reliques : inventaire detaille

Les reliques conservees a Saint-Maximin comprennent plusieurs elements distincts, chacun porteur d’une signification particuliere dans la tradition chretienne.

Relique Description Conservation
Crane (calvaria) Crane attribue a Marie-Madeleine, piece principale des reliques Reliquaire en bronze dore (1860), crypte de la basilique
Fragment de peau « Noli me tangere » Fragment de peau conserve dans un tube de cristal scelle, portant la marque ou le Christ aurait touche Marie-Madeleine Tube de cristal fixe au reliquaire
Os iliaque Fragment d’os du bassin Crypte de la basilique
Meche de cheveux Cheveux attribues a Marie-Madeleine Crypte de la basilique

Le crane est la relique la plus impressionnante et la plus venere. Il est presente aux fideles dans un reliquaire qui le laisse partiellement visible, protege par un vitrage. Le fragment de peau dit « Noli me tangere » (reference aux paroles du Christ a Marie-Madeleine apres la Resurrection : « Ne me touche pas ») est conserve dans un tube de cristal scelle, fixe au reliquaire principal.

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Le reliquaire de 1860

Le reliquaire actuel a ete realise en 1860 par les ateliers Didron et Revoil. Il s’agit d’une piece d’orfevrerie en bronze dore, ornee d’emaux et de pierres. Sa forme architecturee evoque un edifice gothique miniature, en echo a la basilique qui l’abrite.

Ce reliquaire remplace des montages anterieurs, dont celui commande par le roi Rene au XVe siecle. Il a ete concu pour mettre en valeur le crane tout en le protegeant. L’ensemble est dispose dans la crypte de la basilique, un espace souterrain accessible aux visiteurs par un escalier situe dans la nef.

Le reliquaire de Didron et Revoil est lui-meme classe au titre des objets historiques. Il constitue un temoignage remarquable de l’art sacre du Second Empire, periode de renouveau du style neo-gothique dans l’art religieux francais.

Les quatre sarcophages de la crypte

La crypte de la basilique conserve quatre sarcophages en marbre dates du IVe siecle, parmi les plus anciens temoignages de l’art funeraire chretien en Gaule. Chacun est attribue a un personnage de la tradition provencale :

  • Sarcophage de Marie-Madeleine : celui dans lequel les reliques ont ete decouvertes en 1279. Son decor sculpte represente des scenes bibliques.
  • Sarcophage de Marcelle : attribue a sainte Marcelle, compagne de Marie-Madeleine selon la tradition provencale.
  • Sarcophage des Saints-Innocents : orne de reliefs representant le massacre des Innocents.
  • Sarcophage de Sidoine : attribue a saint Sidoine, l’aveugle-ne de l’Evangile selon la tradition locale.

Ces sarcophages, independamment de la question des attributions, sont des pieces archeologiques de premiere importance. Leur iconographie sculpturale constitue un corpus remarquable de l’art paleochretien en Provence.

Le scellement de 1905 et les examens scientifiques

En 1905, la loi de separation des Eglises et de l’Etat entraine la realisation d’un inventaire des biens ecclesiastiques. A cette occasion, le reliquaire de la crypte est scelle par les autorites civiles. Ce scellement, toujours en place, garantit l’integrite des reliques depuis plus d’un siecle.

Plusieurs examens scientifiques ont ete conduits au fil du temps sur les ossements de Saint-Maximin. Des analyses anthropologiques ont confirme que le crane appartenait a une femme de type mediterraneen, agee d’une cinquantaine d’annees. La datation des sarcophages situe leur fabrication au IVe siecle, ce qui est compatible avec la tradition d’une mise au tombeau ancienne.

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Ces elements ne constituent pas une preuve formelle d’identite au sens scientifique moderne, mais ils ne contredisent pas la tradition. Pour l’Eglise catholique, l’authentification papale de 1295 reste le fondement de la veneration des reliques.

La rivalite avec Vezelay

Saint-Maximin n’est pas le seul lieu a avoir revendique la possession des reliques de Marie-Madeleine. L’abbaye de Vezelay, en Bourgogne, affirmait depuis le XIe siecle detenir le corps de la sainte, attirant un pelerinage considerable (c’est de Vezelay que Bernard de Clairvaux precha la deuxieme croisade en 1146).

La decouverte de 1279 a Saint-Maximin a directement concurrence Vezelay. L’authentification par Boniface VIII a tranche en faveur de la Provence : les reliques de Saint-Maximin ont ete reconnues comme les veritables restes de Marie-Madeleine. Le pelerinage de Vezelay a decline progressivement par la suite, meme si l’abbaye conserve son prestige architectural.

Cette rivalite illustre l’importance des reliques dans la chretiente medievale : elles attirent les pelerins, les donations et le prestige politique. La possession de reliques authentifiees faisait d’une ville un centre spirituel de premier plan.

Visiter la crypte et les reliques aujourd’hui

La crypte de la basilique est accessible gratuitement pendant les heures d’ouverture de l’edifice. On y descend par un escalier situe dans la nef laterale. L’espace, de dimensions modestes, abrite le reliquaire et les sarcophages dans une atmosphere de recueillement.

Le crane de Marie-Madeleine est visible a travers le vitrage du reliquaire. Un eclairage discret met en valeur les details de l’orfevrerie et les sculptures des sarcophages. Des panneaux explicatifs retracent l’histoire de la decouverte et de l’authentification.

La crypte est un lieu de priere actif : des fideles s’y recueillent regulierement, et des celebrations y sont parfois organisees. Les visiteurs sont invites a respecter le silence et le caractere sacre du lieu.

Questions frequentes

Ou est le crane de Marie-Madeleine ?

Le crane est conserve dans la crypte de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var). Il est presente dans un reliquaire en bronze dore realise en 1860 par les ateliers Didron et Revoil. Les visiteurs peuvent le voir en descendant dans la crypte, accessible depuis la nef de la basilique.

Les reliques sont-elles authentiques ?

Les reliques ont ete officiellement authentifiees par le pape Boniface VIII en 1295, apres leur decouverte en 1279. Des analyses scientifiques ulterieures ont confirme que le crane appartient a une femme d’age mur, de type mediterraneen. L’Eglise catholique reconnait ces reliques. Du point de vue historique, la certitude absolue est impossible pour des restes aussi anciens, mais aucun element ne contredit la tradition.

Quels sont les 3 tombeaux de la chretiente ?

L’expression designe les trois sites funeraires les plus importants du christianisme : le Saint-Sepulcre a Jerusalem (tombeau du Christ), la basilique Saint-Pierre de Rome (tombeau de l’apotre Pierre) et la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (tombeau de Marie-Madeleine). Ce classement, repris par la tradition, souligne le rang exceptionnel de Marie-Madeleine comme premiere temoin de la Resurrection.

Ou se trouvent les reliques ?

Les reliques sont conservees dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le departement du Var (83). La crypte est ouverte aux visiteurs gratuitement, pendant les horaires d’ouverture de la basilique. On y accede par un escalier depuis la nef laterale. La crypte abrite le reliquaire contenant le crane ainsi que quatre sarcophages paleochretiens du IVe siecle.

Article par Laura Olivier

Je suis Laura Olivier, passionnée de voyage et aventurière dans l'âme. Sur mon blog, je partage mes découvertes, mes conseils et mes récits pour inspirer d'autres à explorer le monde. Rejoignez-moi dans cette belle aventure!

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