Saint Sava et l’autocéphalie serbe (1219)
Rastko Nemanjić, fils cadet de Stefan Nemanja, fuit à 17 ans au Mont Athos pour devenir le moine Sava. Revenu en Serbie, il obtient du patriarcat œcuménique de Constantinople, en 1219, la reconnaissance de l’autocéphalie de l’Église serbe — son indépendance canonique. Il en devient le premier archevêque et choisit Žiča comme siège primatial. Sava organise la vie ecclésiastique du royaume, établit des évêchés, introduit la liturgie en slavon serbe et rédige les premières lois canoniques serbes. Il est aujourd’hui le saint patron de la Serbie et de l’éducation serbe ; sa fête (14 janvier) est célébrée dans toutes les écoles du pays.
Les sept couronnements et les murs rouges
La Porte royale (Kraljeva vrata) du monastère s’ouvre sur la nef de l’église où sept souverains de Serbie reçurent leur couronne entre 1217 et 1289. Le chiffre sept, complet dans la symbolique biblique, conféra au lieu un prestige unique dans l’histoire médiévale serbe. La couleur rouge des murs d’enceinte est attestée depuis le Moyen Âge : elle symbolise le sang des martyrs et distingue Žiča de tous les autres monastères serbes. Après les destructions ottomanes (1290, puis XVIe s.), le monastère fut intégralement restauré aux XIXe et XXe siècles, la teinte rouge des murs étant systématiquement conservée comme signe identitaire.
Visite et contexte de pèlerinage
Žiča se trouve à 4 km au nord-ouest de Kraljevo (Serbie centrale), accessible depuis Belgrade (190 km). Le monastère est habité par des moniales. La fête de la Présentation au Temple (21 novembre), dédicace du monastère, rassemble les pèlerins de la région. Le cycle de fresques de l’église (XIIIe s., partiellement restauré) inclut un portrait de Saint Sava parmi les plus anciens conservés. À combiner avec Studenica (40 km) et Sopoćani pour le grand circuit des monastères de Rascie.