Nicolas de Myre et la translation des reliques en 1087
Nicolas de Myre (vers 270–346) est évêque de Myre en Lycie. Il participe au concile de Nicée (325) et est connu pour sa charité envers les pauvres — notamment l’épisode des trois dots offertes à des jeunes filles sans ressources, à l’origine du mythe du Père Noël. Vénéré comme thaumaturge, protecteur des enfants, des marins et des voyageurs, il est l’un des saints les plus populaires de la chrétienté orientale et occidentale.
En 1087, des marins de Bari, craignant que les Turcs seldjoukides ne s’emparent des reliques, les dérobent à Myre et les transportent à Bari. L’arrivée des ossements, le 9 mai 1087, suscite un enthousiasme populaire immense. Le pape Urbain II pose la première pierre de la basilique et consacre la crypte en 1089, lors du concile de Melfi. La fête du 9 mai (translation des reliques) est célébrée chaque année par une grande procession maritime et terrestre — l’une des fêtes religieuses les plus spectaculaires d’Italie méridionale.
La basilique et la manne de saint Nicolas
La basilique de Saint-Nicolas est un chef-d’œuvre de l’architecture romane apulienne (1087–1197). Sa façade sobre et puissante, ses deux tours asymétriques et son intérieur à trois nefs à colonnes antiques définissent un style architectural qui influencera toute l’Italie méridionale. La crypte, au cœur du pèlerinage, abrite le tombeau de saint Nicolas sous un autel du XIe siècle en argent et pierreries. C’est là qu’est recueillie chaque 6 décembre la « manne » — eau miraculeuse affleurant du tombeau, réputée pour ses vertus thérapeutiques. Cette manne est mise en fioles et distribuée aux pèlerins.
Bari est un lieu de rencontre exceptionnel entre catholicisme et orthodoxie. Saint Nicolas est le saint patron des Russes et des Grecs : des liturgies orthodoxes sont célébrées régulièrement dans la crypte, et une chapelle orthodoxe a été aménagée en 2016 grâce à un don de l’Église orthodoxe russe. Le dialogue œcuménique s’y incarne de manière concrète et vivante.
Informations pratiques
Bari est capitale des Pouilles, desservie par l’aéroport international Karol Wojtyla (liaisons directes depuis Paris, Lyon et d’autres villes européennes). La gare centrale est reliée à Rome (3 h 30 en Frecciabianca), Naples (3 h) et Milan (6 h). La basilique est ouverte tous les jours ; la crypte de 7 h à 13 h et de 16 h à 19 h. Un pèlerinage à Bari peut se combiner avec Monte Gargano (90 km au nord), autre sanctuaire majeur des Pouilles.