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Crypte et reliques de Marie-Madeleine à Saint-Maximin

Crypte et reliques de Marie-Madeleine à Saint-Maximin

Points clés — La crypte de la basilique de Saint-Maximin est un mausolée paléochrétien du IVe siècle. Elle abrite 4 sarcophages de marbre (ateliers d’Arles), dont celui de Marie-Madeleine. Le crâne est présenté dans un reliquaire de 1860 avec le Noli me tangere — un fragment de peau frontale dans un tube de cristal. Étude scientifique CNRS 2017 : reconstitution faciale réalisée par le Dr Philippe Charlier.

Les reliques conservées à Saint-Maximin

La basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume conserve le plus important ensemble de reliques attribuées à Marie-Madeleine dans le monde chrétien. Considéré comme le 3e tombeau de la chrétienté — après le Saint-Sépulcre de Jérusalem et la basilique Saint-Pierre de Rome — le sanctuaire abrite ces reliques depuis leur redécouverte en 1279. Les reliques actuellement conservées dans le diocèse de Fréjus-Toulon comprennent :
  • Le crâne (chef) de Marie-Madeleine, présenté dans un reliquaire
  • Le Noli me tangere : fragment d’épiderme frontal dans un tube de cristal
  • Un os de la hanche
  • Une partie du tibia
  • Une mèche de cheveux

La crypte : un mausolée du IVe siècle

Sous le chœur de la basilique, la crypte est une salle rectangulaire voûtée d’un peu plus de 4 mètres de long. Les archéologues la datent du IVe siècle et l’identifient comme un mausolée paléochrétien — un lieu de sépulture destiné à des personnages vénérés dès les premiers temps du christianisme en Gaule. Selon la tradition, c’est dans cet oratoire que Marie-Madeleine reçut sa dernière communion des mains de saint Maximin, premier évêque d’Aix-en-Provence, avant de mourir dans ses bras. L’accès à la crypte se fait depuis la nef de la basilique. L’entrée est libre et gratuite.

Les 4 sarcophages de marbre

La crypte contient quatre sarcophages de marbre datés de la fin du IVe siècle, attribués aux ateliers d’Arles :
SarcophageEmplacementParticularité
Marie-MadeleineMur sudMarbre de qualité supérieure, possiblement d’origine impériale
Sainte MarcelleCrypteCompagne de voyage de Marie-Madeleine
Saints-InnocentsCrypteDécor sculpté caractéristique des ateliers arlésiens
Saint SidoineCrypteChef redécouvert en 2014
Le sarcophage de Marie-Madeleine se distingue des autres par la qualité exceptionnelle de son marbre. Les historiens de l’art le considèrent comme un sarcophage de remploi, initialement destiné à un personnage de haut rang — potentiellement de rang impérial.

Le crâne et le Noli me tangere

La pièce centrale du culte magdaléen est le crâne de Marie-Madeleine. Il est présenté dans un reliquaire en bronze doré et émaux, œuvre du sculpteur Didron et de l’architecte Henri Révoil, réalisé en 1860. Sur le front du crâne, un fragment d’épiderme est conservé dans un tube de cristal hermétiquement scellé des deux côtés par des fermoirs en vermeil. Ce fragment est appelé le Noli me tangere (« ne me touche pas »), en référence aux paroles du Christ ressuscité à Marie-Madeleine dans l’Évangile de Jean (20, 17). Cette relique est vénérée comme la preuve tangible de la présence physique de Marie-Madeleine à Saint-Maximin. Le tube de cristal n’a pas été ouvert depuis sa mise en place.

Le reliquaire de 1860

L’actuel reliquaire remplace des présentations antérieures qui ont varié au fil des siècles. Ses caractéristiques :
  • Matériaux : bronze doré, émaux polychromes
  • Sculpteur : Didron
  • Architecte : Henri Révoil
  • Date de réalisation : 1860
  • Emplacement : crypte de la basilique
Un incident notable impliquant le reliquaire survint le 20 janvier 1516, lorsque le roi François Ier fit transporter les reliques dans la nef pour les montrer à la reine et aux princesses. La bousculade faillit faire tomber le reliquaire et causa la perte d’un diamant. À la suite de cet épisode, les femmes obtinrent le droit d’entrer dans la crypte — un accès qui leur était auparavant interdit.

La découverte de 1279

En décembre 1279, Charles II d’Anjou, comte de Provence et roi de Naples, ordonne des fouilles dans la crypte de l’ancien oratoire de Saint-Maximin. L’objectif est de retrouver les restes de Marie-Madeleine, dont la présence en Provence est attestée par une tradition remontant au Ve siècle. Les fouilles mettent au jour un sarcophage contenant des ossements et un parchemin — le « titulus » — identifiant le corps comme celui de Marie-Madeleine. Selon les chroniqueurs, une odeur suave se serait répandue à l’ouverture du sarcophage. Le pape Boniface VIII authentifie les reliques en 1295 par une bulle pontificale. La même année, il confie la garde du sanctuaire à l’ordre des Dominicains et Charles II pose la première pierre de la basilique actuelle. Cette découverte met fin à la rivalité avec l’abbaye de Vézelay, en Bourgogne, qui revendiquait également la possession des reliques depuis le XIe siècle.

L’étude scientifique de 2017

En 2017, le médecin légiste et anthropologue Philippe Charlier (CNRS) réalise une étude scientifique des reliques, avec l’autorisation du diocèse de Fréjus-Toulon. L’étude aboutit à une reconstitution faciale numérique du crâne, révélant les traits d’une femme méditerranéenne d’environ 50 ans. L’analyse confirme la compatibilité des restes avec une personne ayant vécu au Ier siècle de notre ère. En 2021, le diocèse commande une étude géophysique complémentaire au laboratoire Géosciences Paris-Saclay, portant sur la structure de la crypte elle-même.

Vézelay et Saint-Maximin : deux traditions

Pendant plusieurs siècles, deux sanctuaires ont revendiqué la possession des reliques de Marie-Madeleine. L’abbaye de Vézelay en Bourgogne affirme les détenir depuis le XIe siècle. Saint-Maximin fait valoir la tradition provençale, antérieure, et la découverte physique de 1279. La bulle pontificale de Boniface VIII en 1295 tranche en faveur de Saint-Maximin, mais Vézelay conserve son propre culte magdaléen. Aujourd’hui, la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, reste un important lieu de pèlerinage — mais c’est à Saint-Maximin que la tradition situe la sépulture et les reliques authentifiées. L’orgue Isnard de la basilique, construit au XVIIIe siècle, témoigne lui aussi de l’importance du sanctuaire dans la chrétienté.

Questions fréquentes

Où se trouvent les reliques de sainte Marie-Madeleine ?

Les reliques sont conservées dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var). On y trouve le crâne dans un reliquaire de 1860, un fragment de peau (Noli me tangere), un os de la hanche, une partie du tibia et une mèche de cheveux.

Où repose le tombeau de Marie-Madeleine ?

Le tombeau se trouve dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin, dans un sarcophage de marbre du IVe siècle. C’est le 3e tombeau de la chrétienté, après le Saint-Sépulcre et Saint-Pierre de Rome.

Quelle relique à Vézelay ?

L’abbaye de Vézelay a revendiqué les reliques de Marie-Madeleine pendant plusieurs siècles. Depuis la découverte de 1279 à Saint-Maximin, authentifiée par le pape Boniface VIII, la tradition provençale est considérée comme prédominante.

Quand est la sainte Madeleine ?

La fête liturgique de sainte Marie-Madeleine est célébrée le 22 juillet. Depuis 2016, le pape François a élevé cette commémoration au rang de fête liturgique.