L’église paroissiale Saint-Théodule et le tombeau
Nicolas de Flüe mourut à Ranft le 21 mars 1487, jour de son soixante-dixième anniversaire. Son corps fut inhumé dans l’église paroissiale de Sachseln, distante de quelques kilomètres. Le culte se développa si rapidement que l’édifice médiéval dut être entièrement reconstruit entre 1672 et 1684 pour accueillir les flots de pèlerins. L’église baroque actuelle présente une nef unique à voûtes stuquées et un chœur lumineux orienté vers le lac. Le tombeau de saint Nicolas se trouve dans le chœur, sous une dalle de marbre noir surmontée d’une châsse reliquaire d’argent réalisée au XVIIe siècle. Les reliques — ossements du saint — sont exposées à la vénération dans cette châsse richement ornée, que les pèlerins peuvent approcher lors de célébrations particulières.
Reliques et objets de dévotion
La paroisse de Sachseln conserve plusieurs reliques et objets liés à Nicolas de Flüe : son manteau d’ermite (une cape de laine grossière), son chapelet et divers effets personnels. L’église possède également une copie ancienne de la Roue mystique, méditation visuelle que Nicolas aurait lui-même inspirée pour expliquer sa contemplation de la Trinité — l’original est conservé à Sachseln depuis le XVe siècle. Des messes votives en l’honneur du saint sont célébrées régulièrement, et la fête patronale du 25 septembre rassemble des pèlerins d’Obwald et des cantons voisins.
Sachseln dans le pèlerinage obwaldien
Le canton d’Obwald a organisé autour de la mémoire de frère Klaus un parcours de pèlerinage cohérent : on visite généralement Sachseln (tombeau) et Flüeli-Ranft (ermitage) dans la même journée, les deux sites étant reliés par un chemin pédestre balisé d’environ 5 km longeant les rives du lac de Sarnen. La route de pèlerinage obwaldien fait partie des itinéraires spirituels suisses reconnus par la Conférence des évêques suisses. Sachseln constitue ainsi la destination finale d’un pèlerinage qui commence symboliquement à la maison natale de Flüeli et se conclut au tombeau, reproduisant le chemin de vie du saint lui-même, de l’engagement dans le monde au dépouillement mystique.