La découverte de l’icône miraculeuse (1823)
En 1822, la moniale Pelagia du Monastère de Kechrovouniou reçoit en vision l’emplacement d’une icône de la Vierge enfouie sous les ruines d’une ancienne église. Les fouilles commencent en janvier 1823 et aboutissent à la découverte d’une icône de l’Annonciation, attribuée par la tradition à l’évangéliste Luc. La découverte coïncide symboliquement avec le soulèvement grec contre l’Empire ottoman : la Panagia de Tinos devient immédiatement un symbole national et religieux pour les Grecs orthodoxes. L’icône est vénérée pour ses guérisons miraculeuses documentées depuis le XIXe siècle.
L’Église Panagia Evangelistria et le pèlerinage du 15 août
L’Église Panagia Evangelistria (Notre-Dame-de-l’Annonciation), construite entre 1823 et 1830 en marbre de Tinos, s’élève au centre de la ville de Tinos. L’icône est exposée dans une châsse d’argent incrustée de diamants et de pierles offertes par des pèlerins reconnaissants. La fête de l’Assomption (15 août) est le plus grand rassemblement marial orthodoxe de Grèce : des dizaines de milliers de pèlerins débarquent sur l’île. La tradition veut que les fidèles montent la grande artère principale, dite le Megalocharis, à genoux depuis le port jusqu’à l’église — un tapis rouge est déroulé pour cet usage. La présence catholique est aussi significative, car Tinos abrite une importante communauté catholique latine héritée de la domination vénitienne (XIIIe-XVIIe siècle).
Accès et autres lieux de l’île
Tinos est accessible par ferry depuis le Pirée (4-5 heures), Rafina (3 heures) et les îles voisines de Mykonos (30 minutes) et Syros. En été, les traversées sont très fréquentes et les places réservées tôt pour le 15 août. L’île conserve 50 villages de marbre, de nombreuses chapelles et le Monastère de Kechrovouniou (XIe siècle), où vécut sainte Pelagia. Pour les autres pèlerinages orthodoxes, voir Patmos et Thessalonique.