Mille ans de vie monastique orthodoxe
La tradition monastique au Mont Athos remonte à 963, date à laquelle le moine Athanase l’Athonite fonde la Grande Laure avec le soutien de l’empereur byzantin Nicéphore II Phocas. Dès le XIe siècle, la « Sainte Montagne » (Agion Oros) attire des moines grecs, serbes, bulgares, russes et géorgiens. Les 20 monastères actuels — dont le Monastère de Vatopedi (Xe siècle), l’Iviron (fondé par des Géorgiens, 980) et le Monastère russe de Saint-Pantéleimon — suivent les règles de vie hésychaste. La péninsule est placée sous la souveraineté nominale de la Grèce mais jouit d’une autonomie gouvernée par la Protaton, le parlement monastique de Karyès, sa capitale administrative. L’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988.
L’abaton et les trésors spirituels
L’abaton, interdiction formelle d’accès aux femmes, est en vigueur depuis au moins le XIe siècle et fondé sur la dédicace de la péninsule à la Vierge Marie (Théotocos), « jardin de la Mère de Dieu ». Les monastères conservent des reliques parmi les plus précieuses du monde chrétien orthodoxe : fragments de la Vraie Croix, reliques de saints, icônes miraculeuses dont l’Axion Esti (Digne est) de l’Iviron, vénérée depuis le Xe siècle. Les bibliothèques du Mont Athos renferment environ 12 000 manuscrits enluminés et 200 000 documents d’archives.
Accès et conditions de pèlerinage
Seuls les hommes de plus de 18 ans peuvent obtenir le diamonitirion, permis de séjour délivré par le Bureau des Pèlerins à Thessalonique (quota : 100 orthodoxes et 10 non-orthodoxes par jour). L’accès se fait par ferry depuis Ouranoupoli (Halkidiki) vers Dafni ou Iviron. La durée maximale de séjour est de 4 jours (extensible). L’hébergement est assuré dans les monastères, qui offrent le gîte et le couvert contre une contribution volontaire. Pour les pèlerinages orthodoxes complémentaires, voir Patmos et Thessalonique.