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Marie-Madeleine en Provence : de la Terre Sainte à la Sainte-Baume

Marie-Madeleine en Provence : de la Terre Sainte à la Sainte-Baume

Points clés — La Sainte-Baume est le 3e grand pèlerinage de l’Occident catholique, après Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle. Selon la tradition provençale, Marie-Madeleine arrive en Camargue vers l’an 48, vit 33 ans dans la grotte de la Sainte-Baume, et meurt dans les bras de saint Maximin. Ses reliques sont redécouvertes en 1279 et authentifiées par le pape Boniface VIII en 1295.

Le 3e grand pèlerinage de l’Occident

Le pèlerinage de la Sainte-Baume occupe le troisième rang des grands pèlerinages de l’Occident catholique, après Rome et Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette place singulière s’explique par la tradition qui situe en Provence les dernières années et la sépulture de Marie-Madeleine — première témoin de la Résurrection et, depuis 2016, officiellement reconnue comme « apôtre des apôtres » par le pape François. Le sanctuaire attire chaque année environ 500 000 visiteurs et pèlerins. La fête liturgique de sainte Marie-Madeleine est célébrée le 22 juillet.

L’arrivée en Provence

La traversée depuis la Terre Sainte

Selon la tradition provençale, attestée dans les textes hagiographiques dès le XIe siècle et développée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée (XIIIe siècle), Marie-Madeleine quitte la Palestine après l’Ascension du Christ. Elle embarque avec plusieurs compagnons — Lazare, Marthe, Maximin et d’autres disciples — sur un bateau sans voile ni rame. Poussés par la Providence, ils accostent vers l’an 48 sur les rivages de la Camargue, à l’emplacement actuel des Saintes-Maries-de-la-Mer. Un manuscrit attribué à Raban-Maur (VIIIe siècle), conservé à l’Université d’Oxford, constitue l’une des plus anciennes sources écrites de cette tradition.

L’évangélisation de la Provence

Après l’accostage, le groupe se disperse pour évangéliser la région :
  • Maximin se rend à Aix-en-Provence, dont il devient le premier évêque
  • Lazare s’installe à Marseille et y fonde une communauté chrétienne
  • Marthe se retire à Tarascon, où elle est vénérée pour avoir dompté la Tarasque
  • Marie-Madeleine prêche dans la région avant de se retirer dans la solitude

33 ans dans la grotte de la Sainte-Baume

Marie-Madeleine choisit de se retirer dans une grotte naturelle au flanc de la falaise de la Sainte-Baume, à 669 mètres d’altitude. Le mot « Baume » vient du provençal baumo, qui signifie grotte. Selon la tradition, elle y vit 33 années de prière et de pénitence, nourrie uniquement par les anges qui l’élèvent sept fois par jour pour écouter les concerts célestes. Le site, qui était un ancien lieu de culte dédié à Artémis dans l’Antiquité, devient ainsi l’un des premiers sanctuaires chrétiens de Gaule. Au Ve siècle, le moine Jean Cassien, fondateur de l’abbaye Saint-Victor à Marseille, établit un premier prieuré près de la grotte. C’est le début d’une présence religieuse ininterrompue qui dure depuis plus de 1 500 ans. Pour les informations pratiques sur la visite de la grotte, consultez notre guide de la grotte de la Sainte-Baume.

Les derniers jours et la sépulture

Sentant sa fin approcher, Marie-Madeleine descend de la montagne pour recevoir la dernière communion de saint Maximin dans la plaine. Elle meurt dans ses bras et est ensevelie dans un oratoire — le futur emplacement de la basilique de Saint-Maximin. La crypte de cet oratoire, datée du IVe siècle, abrite encore aujourd’hui quatre sarcophages de marbre, dont celui attribué à Marie-Madeleine.

La rivalité avec Vézelay

Pendant plusieurs siècles, l’abbaye de Vézelay en Bourgogne revendique également la possession des reliques de Marie-Madeleine. Le pèlerinage de Vézelay, attesté dès le XIe siècle, attire des foules considérables et constitue l’un des points de départ des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. La rivalité se résout en 1279 lorsque Charles II d’Anjou ordonne des fouilles dans la crypte de Saint-Maximin. La découverte de reliques accompagnées d’un « titulus » identifiant Marie-Madeleine, suivie de l’authentification par le pape Boniface VIII en 1295, établit la prédominance de la tradition provençale. Vézelay conserve néanmoins son culte magdaléen et sa basilique, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, reste un haut lieu de pèlerinage.

Le culte magdaléen à travers les siècles

Les pèlerins royaux

Le sanctuaire a accueilli des pèlerins illustres au fil des siècles :
  • 816 : le pape Étienne VI, premier pape pèlerin documenté à la Sainte-Baume
  • Saint Louis (XIIIe siècle) : pèlerinage royal
  • Philippe VI (XIVe siècle) : visite au sanctuaire
  • François Ier : deux pèlerinages, dont celui de 1516 lors duquel il fit construire 7 oratoires sur le Chemin des Roys
  • Louis XIV : pèlerinage l’année de son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche

Le renouveau du XIXe siècle

En 1859, le père Henri-Dominique Lacordaire restaure la présence dominicaine à Saint-Maximin en rachetant le couvent. Le pèlerinage connaît un nouvel essor à partir de 1860 — Frédéric Mistral, le poète provençal prix Nobel de littérature, assiste à la cérémonie de renouveau. En 1948, Le Corbusier propose un projet de basilique souterraine près de la grotte — un projet audacieux qui ne sera jamais réalisé mais qui témoigne de la fascination que le site continue d’exercer.

Les lieux magdaléens en Provence

Le parcours de Marie-Madeleine dessine un itinéraire spirituel à travers la Provence, antérieur aux chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle :
LieuSignificationDépartement
Les Saintes-Maries-de-la-MerLieu d’accostage selon la traditionBouches-du-Rhône (13)
Grotte de la Sainte-Baume33 ans de pénitenceVar (83)
Saint-Maximin-la-Sainte-BaumeSépulture et reliquesVar (83)
Aix-en-ProvenceSiège de saint Maximin, 1er évêqueBouches-du-Rhône (13)
MarseilleÉvangélisée par LazareBouches-du-Rhône (13)
Le Chemin des Roys, tracé au XIVe siècle depuis Nans-les-Pins jusqu’à la grotte de la Sainte-Baume, constitue le tronçon le plus emblématique de cet itinéraire.

Questions fréquentes

Qui est Marie-Madeleine par rapport à Jésus ?

Marie-Madeleine (Marie de Magdala) est une disciple de Jésus mentionnée dans les quatre Évangiles. Elle est la première témoin de la Résurrection. En 2016, le pape François l’a élevée au rang d’« apôtre des apôtres ».

Pourquoi Marie-Madeleine est venue en France ?

Selon la tradition provençale, elle a quitté la Palestine après l’Ascension avec Lazare, Marthe et Maximin. Ils auraient accosté en Camargue, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, vers l’an 48.

Où se trouve la tombe de Marie-Madeleine ?

Dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var), dans un sarcophage de marbre du IVe siècle. C’est le 3e tombeau de la chrétienté.

Où est enterrée Marie-Madeleine ?

À Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, en Provence. Selon la tradition, elle est morte dans les bras de saint Maximin après avoir quitté la grotte où elle avait vécu 33 ans.