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Basilique Saint-Maximin : 3e tombeau de la chrétienté

Basilique Saint-Maximin : 3e tombeau de la chrétienté

Points clés — La basilique de Saint-Maximin est le plus grand édifice gothique de Provence (73 m de long, 29 m de haut). Considérée comme le 3e tombeau de la chrétienté après le Saint-Sépulcre et Saint-Pierre de Rome, elle abrite les reliques de sainte Marie-Madeleine dans une crypte du IVe siècle. Classée Monument Historique depuis 1840, elle conserve un orgue exceptionnel de 2 960 tuyaux, tous d’origine.

Le 3e tombeau de la chrétienté

La basilique Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume occupe une place unique dans l’histoire religieuse occidentale. Avec le Saint-Sépulcre de Jérusalem et la basilique Saint-Pierre de Rome, elle constitue le troisième grand tombeau de la chrétienté. Sa construction débute en 1295, à l’initiative de Charles II d’Anjou, comte de Provence, après la redécouverte des reliques de Marie-Madeleine en 1279 dans la crypte d’un ancien oratoire. Le pape Boniface VIII authentifie les reliques la même année et confie la garde du sanctuaire aux Dominicains.

La construction : de 1295 à 1532

Les travaux s’étendent sur plus de deux siècles, menés dans un premier temps par l’architecte Pierre le Français. Le chœur et l’abside sont achevés au XIVe siècle, la nef au XVe. La façade occidentale reste volontairement inachevée — un trait caractéristique de l’édifice qui lui confère son aspect brut et dépouillé. L’absence de clocher est une autre particularité : les Dominicains, ordre mendiant, n’en construisaient pas par principe de simplicité. La dernière campagne de travaux s’achève en 1532. La basilique reçoit son premier classement Monument Historique en 1840, parmi les tout premiers édifices protégés en France. L’arrêté officiel date du 18 avril 1914 (référence Mérimée PA00081710).

Architecture et dimensions

Le style gothique rayonnant de la basilique contraste avec les traditions romanes habituelles de la Provence. Le plan en croix latine à trois nefs présente des proportions remarquables :
DimensionMesure
Longueur totale73 mètres
Largeur au transept37 mètres
Hauteur sous voûte29 mètres
Nombre de travées9
Piliers20
Chapelles latérales14
Les voûtes d’ogives retombent sur de fines colonnes engagées. Les grandes verrières et les arcs-boutants créent une impression d’élévation saisissante, inhabituelle en Provence.

La crypte et les sarcophages

Sous le chœur de la basilique, la crypte est un mausolée paléochrétien du IVe siècle. Cette salle rectangulaire voûtée d’un peu plus de 4 mètres de long abrite quatre sarcophages de marbre, attribués aux ateliers d’Arles de la fin du IVe siècle. Le sarcophage de Marie-Madeleine, adossé au mur sud, se distingue par la qualité de son marbre — possiblement d’origine impériale. Les trois autres sarcophages sont attribués à sainte Marcelle, aux Saints-Innocents et à saint Sidoine. Le crâne de la sainte est présenté dans un reliquaire en bronze doré et émaux, œuvre du sculpteur Didron et de l’architecte Henri Révoil, réalisé en 1860. Un fragment d’épiderme frontal, le Noli me tangere, est conservé dans un tube de cristal scellé avec des fermoirs en vermeil. Pour une description détaillée des reliques, consultez notre page consacrée à la crypte et aux reliques de Marie-Madeleine.

L’orgue Isnard : 2 960 tuyaux d’origine

L’orgue de la basilique est l’un des trésors les plus remarquables du patrimoine musical français. Construit entre 1772 et 1774 par frère Jean-Esprit Isnard, dominicain et facteur d’orgue, assisté de son neveu Joseph, il compte 2 960 tuyaux — tous d’origine — répartis sur 4 claviers manuels et 43 jeux. C’est l’un des deux seuls orgues en France dont la tuyauterie est intégralement conservée dans son état d’origine. L’instrument a été classé Monument Historique et restauré entre 1986 et 1991 par le facteur Yves Cabourdin. Découvrez l’histoire complète de cet instrument sur notre page dédiée à l’orgue de Saint-Maximin.

Le retable et les stalles du chœur

Le retable de la Passion

Réalisé par Antoine Ronzen en 1520, le retable du maître-autel se compose de 16 panneaux peints représentant des scènes de la Passion du Christ. C’est l’un des plus grands retables conservés en Provence et un chef-d’œuvre de la peinture religieuse du XVIe siècle.

Les 94 stalles en noyer

Les stalles du chœur, sculptées entre 1681 et 1692, comptent parmi les plus belles de France. Chacune des 94 stalles en noyer est ornée de miséricordes différentes : visages, animaux, motifs végétaux. Elles comportent 22 médaillons sculptés d’une finesse remarquable. Ces éléments font actuellement l’objet d’une campagne de restauration soutenue par la Fondation du Patrimoine, pour un montant de 471 000 euros. Les infiltrations d’eau, les sculptures dégradées et les boiseries détériorées nécessitent une intervention urgente.

La Révolution : l’épisode Lucien Bonaparte

Pendant la Révolution française, la basilique échappe de justesse à la destruction. Selon la tradition locale, Lucien Bonaparte — frère cadet de Napoléon et alors président du district de Saint-Maximin — fait jouer La Marseillaise sur l’orgue, transformant l’édifice religieux en « temple de la Raison ». Ce geste politique aurait sauvé l’instrument et l’édifice de la vente ou de la démolition. Les reliques sont examinées une dernière fois en février 1789 avant d’être mises en sécurité. Certains éléments sont scellés dans une boîte en zinc en 1905.

Informations pratiques

La basilique est ouverte tous les jours. L’entrée est libre et gratuite.
InformationDétail
AdressePlace de l’Hôtel de Ville, 83470 Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
EntréeLibre et gratuite
PropriétaireCommune de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
ProtectionClassé Monument Historique (1840 — Mérimée PA00081710)
Coordonnées GPS43.4526°N, 5.8637°E
Des visites guidées sont organisées par l’office de tourisme de la Provence Verte. Les Amis de la Basilique organisent régulièrement des événements culturels, des concerts d’orgue et des conférences pour valoriser ce patrimoine exceptionnel.

Questions fréquentes

Où se trouvent les reliques de Marie-Madeleine ?

Les reliques de Marie-Madeleine — crâne, fragment de peau (Noli me tangere), os de la hanche et mèche de cheveux — sont conservées dans la crypte de la basilique Sainte Marie-Madeleine à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var (83).

Quels sont les 3 tombeaux de la chrétienté ?

Les trois grands tombeaux de la chrétienté sont le Saint-Sépulcre à Jérusalem (tombeau du Christ), la basilique Saint-Pierre à Rome (tombeau de saint Pierre) et la basilique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (tombeau de Marie-Madeleine).

Qui est Saint-Maximin ?

Saint Maximin est, selon la tradition provençale, l’un des compagnons de Marie-Madeleine arrivés en Provence depuis la Terre Sainte vers l’an 48. Il devint le premier évêque d’Aix-en-Provence et donna son nom à la ville.

Où est le crâne de Marie-Madeleine ?

Le crâne est exposé dans un reliquaire en bronze doré réalisé en 1860, dans la crypte de la basilique. Un fragment de peau frontale, le Noli me tangere, y est conservé dans un tube de cristal scellé.